Après Copenhague ?
Bonjour,
Je ne reviendrai ni sur les quatre articles (1) (2) (3) (4) rédigés sur ce blog à propos du sommet de Copenhague, ni sur le piètre accueil reçu lors de leur publication sur AgoraVox. Mais à quarante-huit heures de la fin de cette étape cruciale pour l’avenir de l’humanité, je ne veux pas manquer une dernière évocation.
Les négociations se poursuivent au plus haut niveau, celui des ministres et celui des chefs d’états. Personne ne semble très optimiste sur un succès, tant les divergences entre pays riches et pays pauvres semblent difficiles à concilier, que ce soit sur les engagements contraignants ou sur les financements.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a fait cette mise en garde : « Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d’avoir un accord faible ou pas d’accord du tout ». Connie Hedegaard, qui préside les débats, a cherché à accélerer les négociations en multipliant les consultations restreintes avec quelques pays dont les ministres sont présents depuis le début de la semaine à Copenhague. Mais cette méthode a été vivement critiquée par les pays laissés à l’écart.
Le sort de l’actuel accord de Kyoto fait toujours débat et les négociations butent sur les tensions entre pays riches et pays pauvres. Ces derniers ne veulent pas voir la disparition du Protocole de Kyoto, obligeant les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Kamel Djemoua, chef de la délégation algérienne, a déclaré : « Les pays industrialisés voudraient que nous acceptions la mort du seul instrument existant qui les contraignent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ».
La question est pour l’instant insoluble. les États-Unis ne sont pas dans Kyoto et n’y entreront pas. Le Japon et l’Australie ne veulent pas s’engager tant que Washington ne bouge pas. La Chine n’est soumise dans Kyoto à aucun engagement de réduction des émissions. Selon l’ambassadeur français Brice Lalonde, l’Union Européenne ne veut pas apparaître comme « la seule à graver ses engagements dans le marbre quand les autres pays n’offrent que du chewing-gum ».
La France cherche à créer un axe avec les pays africains et le Brésil autour du soutien financier aux pays pauvres, particulièrement pour la forêt. Mardi, Nicolas Sarkozy recevait à l’Elysée le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, chef de file du groupe africain. Aujourd’hui, il devait rencontrer les pays forestiers du bassin du Congo., en présence du premier ministre britannique, Gordon Brown.
Le financement et l’aide aux pays en voie de développement pour leur adaptation aux conséquences du réchauffement climatique et leur réduction d’émission de gaz à effet de serre sont encore dans l’impasse. Ban Ki-moon suggère qu’un accord sur le climat puisse être entériné sans y inclure une aide chiffrée aux pays pauvres sur le long terme. Celle-ci pourrait être discutée par la suite en 2010. Les divergences pour savoir qui va payer et combien sont telles, qu’un accord non chiffré au sortir de Copenhague semble risqué.
Il paraît désormais certain que les négociations continueront après Copenhague…
Copenhague 2009 : L’ultimatum climatique a déjà recueilli plus de 500 000 signatures pour son appel adressée au Président de la République, rédigé sous l’égide des onze organisations non gouvernementales suivantes : WWF-France, Greenpeace France, Action contre la Faim, Care France, FIDH, Fondation Nicolas Hulot, Les amis de la terre, Médecins du Monde, Oxfam France Agir Ici, Réseau Action Climat et Secours Catholique.
Il est encore temps de signer…
Une dernière remarque ! Vous avez sans doute remarqué que de nombreuses manifestations se sont déroulées dans le monde entier à propos du sommet de Copenhague. Il est intéressant de noter que cette expression populaire ne s’élevait pas CONTRE quelque chose, mais POUR quelque chose, pour que nos dirigeants parviennent à un accord donnant à notre humanité toutes les chances d’affronter le futur dans les meilleures conditions.
À très vite !
BGR

la règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle car nous ne penserons jamais tous de la même façon












Tu dis, Bernard : « Les États-Unis ne sont pas dans Kyoto et n’y entreront pas. »
Sait-on exactement quels sont les arguments que Barack Obama invoque pour refuser cet engagement ?!
C’est finalement bien décevant et assez déprimant cet égoïsme universellement répandu. « Après moi le déluge ! »… c’est exactement ça.
La plupart des pays ont ratifié le protocole de Kyoto dès 2002, notamment la France et l’Union Européenne. C’est la ratification par la Russie le 22 octobre 2004 qui a permis son entrée en vigueur le 16 février 2005. Il devait, en effet, être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de CO2.
En fait, les États-Unis ont signé le protocole de Kyoto, par la plume de Bill Clinton. C’est le Sénat américain qui l’a ensuite rejeté, à l’unanimité ! Le 13 mars 2001, George W. Bush a dénoncé le protocole, annonçant qu’il privilégiait de nouvelles approches pour combattre les gaz à effet de serre. Je me souviens l’avoir entendu dire que le manière de vivre des américains n’était pas négociable. Je n’ai jamais pensé que Barack Obama puisse faire de miracles…
Bien que les États-Unis soient le principal pays émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, les autres états n’ont toutefois pas renoncé à poursuivre les négociations.
L’Australie, suite à l’arrivée au pouvoir des travaillistes, a ratifié le 12 décembre 2007. Les pays en développement, y compris le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, sont également signataires du protocole mais ne sont pas concernés par la réduction d’émissions.
Tant de travail fourni en amont pour en arriver à un tel résultat à deux jours de la clôture du Sommet de Copenhague fait vraiment douter de la capacités des « politiques » à comprendre l’importance des enjeux.
Hors sujet,
BGR tu passes très bien à la télé à quand le plateau ?
Amitiés
@ Thierry
Il ne leur reste que quelques heures pour essayer de « sauver les meubles » !
@ San Agustin
Je constate que tu regardes de bonnes émissions !
Félicitation alors à la vedette !
Des rediffusions des « bonnes émissions » sont-elles prévues ?! Si oui, quand et… où ?
Bises Bernard.
Copenhague est un échec. Et après. Qui s’attendait à autre chose ? Que pouvait-on attendre d’autre des gouvernements actuels et des situations socio-économiques actuelles ? Les États Unis, pays monde, n’a jamais suivi et ne suivra jamais le reste du monde, l’autre monde. La Chine et l’Inde qui explosent maintenant qu’ils suivent en bons élèves le système économique occidental ne pourront pas adhérer avant longue date à une bifurcation globale de ce même système. Les pays en voie de développement n’ont pas les moyens de se poser la question. Il reste donc l’Europe qui semble être proche de l’exploit. Mais il faudrait davantage de maturité à la communauté européenne. Actuellement, l’Europe n’est pas autre chose que « les pays de l’europe ». La communauté européenne n’existe pas, alors comment aboutir à un accord commun d’une utopique communauté mondiale ? C’est essentiellement du temps perdu et de l’image médiatique pour les politiques. La politique ne sauvera pas le monde pour la simple et bonne raison qu’elle n’en a pas la vocation. L’action de la politique s’arrête là où commence le pouvoir qu’elle s’octroie. La politique a plus à faire en s’évertuant à rester au pouvoir qu’à sauver la planète. Alors comment faire face à un phénomène qui dépasse les gouvernements et qui n’est plus de la compétence du pouvoir politique ?
Rien, si l’on pense que ce qui doit arriver arrivera. Le fatalisme a sans doute de bons jours devant lui. Mais dans des pays comme la France où plus de 90% de la population a reçu une éducation censée lui permettre de comprendre les causes et leurs conséquences on est en droit de s’attendre à autre chose qu’une simple fatalité.
Le plus consternant c’est que ce n’est pas la technologie qui est à l’origine du bouleversement climatique, mais l’utilisation que nous en faisons. Et c’est justement la technologie qui pourrait, qui peut, nous permettre de réagir face à l’ampleur des dégâts. L’humanité n’a jamais possédé autant de solutions pour agir en faveur du plus grand nombre. Ce qui l’en empêche, c’est encore une fois la politique, et surtout la tradition politique qui est de maintenir un ordre établi, à savoir la domination d’une minorité sur une majorité par le truchement d’une mécanique bien huilée. Tant que nos gouvernements gouverneront non pas pour nous apporter le meilleur mais pour se garder le meilleur il n’y aura pas de progrès social. Nous entendons par progrès social, non pas que le citoyen moyen d’aujourd’hui ait plus que le citoyen moyen d’hier, c’est une évidence, mais qu’il n’y ait plus de citoyen moyen. C’est à dire que le progrès (technologique, mais aussi intellectuel) soit partagé par tous. Humainement rien ne justifie que deux pourcent des personnes adultes, soit bien moins de un pourcent de la population mondiale, possède plus de la moitié des richesses. Encore une fois, seule la politique le justifie !
S’il n’y a rien à attendre des gouvernements, des états, des politiques quelqu’elles soient, faut-il pour autant retomber dans le fatalisme ? Notre éducation ne nous permet-elle pas d’accéder individuellement à autre chose que la fatalité ? Notre éducation ne nous sert-elle qu’à produire et à consommer de l’inutile ? Notre éducation ne peut-elle nous permettre à titre individuel de réagir, et d’agir ? Notre éducation qui est loin d’être égalitaire reste la chose la mieux partagée dans la société occidentale, c’est pourquoi nous pensons que c’est le seul levier sur lequel chacun puisse s’appuyer (et doit relever) pour prendre conscience du problème qui se pose à l’humanité. Le problème du réchauffement climatique est un problème mondial dans le sens global. C’est à dire qu’il englobe tous les autres problèmes, les problèmes de l’individu, les problèmes du groupe, de la communauté, de la société, de l’état, d’un ensemble d’états, d’un continent, etc. Or, pour que l’action soit mondiale, il faut que chaque état réagisse, pour que chaque état réagisse il faut que chaque société qui le compose réagisse, pour que chaque société réagisse il faut que les communautés réagissent, pour que les communautés réagissent il faut que les groupes réagissent, et pour que les groupes réagissent il faut que les individus réagissent. Et que faut-il pour qu’un individu réagisse ? une prise de conscience de sa place dans le monde. C’est à ce prix, c’est à dire au prix d’un effort intellectuel d’une prise de conscience individuelle et collective (dans le sens « tous ensemble »), que nous pourrons agir rapidement et humainement (c’est l’enjeu principal) en faveur du climat.