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Dimanche 25 octobre 2009

De Kyoto à Copenhague (3/4)

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Bonjour,

Suite aux deux premiers articles (1) (2) dressant l’état des lieux à propos du réchauffement climatique et rendant compte des premiers efforts consentis à l’occasion du protocole de Kyoto, voici la situation quelques semaines avant la Conférence de Copenhague.

Sous l’égide de l’ONU, entre le 7 et le 18 décembre prochain, quelques 170 chefs d’État et de gouvernement doivent négocier un nouvel accord international sur le climat. Cet accord succèdera au Protocole de Kyoto pour les prochaines décennies. Cette conférence de Copenhague représente pour l’humanité une occasion historique de se mesurer au défi climatique et de le résoudre de manière décisive. La nécessité de réduire foncièrement les émissions de gaz à effet de serre est irréfutable, si l’on veut éviter que le changement climatique ne tourne au chaos climatique.

En 2007 à Bali et en 2008 à Poznan, les États membres de la Convention cadre des Nations Unies sur le climat ont engagé des négociations sur une action renforcée contre le réchauffement. Ce processus doit se traduire par un accord ambitieux, qui entrera en vigueur en janvier 2013 au plus tard.

L’accord de Copenhague doit répondre aux exigences politiques de tous les pays membres. Pour ce faire, il faut obtenir un large consensus sur quatre objectifs essentiels :

Des objectifs de réduction des émissions ambitieux
et juridiquement contraignants pour les pays industrialisés

Sans de tels objectifs, la communauté internationale ne prendra pas les mesures qui s’imposent pour s’occuper du réchauffement, et les pays en développement auront du mal à croire à la bonne foi des pays industrialisés pour remédier à un problème dont ils sont les premiers responsables.

Il y a des signes positifs dans ce sens. Par exemple, l’Union européenne a donné son accord à un paquet énergie-climat, grâce auquel elle pourrait atteindre d’ici 2020, son objectif de 20% de réduction de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990 et même de 30%, si d’autres pays industrialisés s’y conforment. Aux États-Unis, le président Barack Obama a exprimé sa volonté de parvenir à 80% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, et de revenir aux taux de 1990 d’ici 2020.

Le protocole de Copenhague pourrait inclure quelques secteurs jusqu’ici ignorés comme la gestion des forêts ou les transports aériens et maritimes.

Des objectifs de mitigation pour les pays en développement

Dans beaucoup de pays industrialisés, en particulier aux États-Unis, il sera très difficile de parvenir à un accord, si les citoyens ne voient pas que les principaux pays en développement sont aussi prêts à aller plus loin dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Un certain nombre de pays en développement, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, et l’Afrique du Sud, ont déjà mis en œuvre des stratégies nationales qui donnent une idée de l’intensification qu’ils pensent pouvoir apporter dans leur réponse au problème du réchauffement ou de l’énergie, en dépit des contraintes économiques. Ils proposent fréquemment des idées qui amplifieraient leurs mesures nationales de contribution à la stabilité climatique.

Des financements à la hauteur des ambitions

L’amplitude de l’action des pays en développement dépendra en grande partie des contributions effectives de la coopération internationale sur le plan financier et sur le plan des technologies vertes. Il nous faut savoir à quelle hauteur se situera l’aide financière aux pays en développement, qui leur permettra de limiter leurs émissions et de s’adapter aux effets du changement climatique.

Quelques idées intéressantes circulent. Les pays industrialisés suggèrent par exemple de mettre les droits d’émission aux enchères et de reverser une partie des recettes à l’aide internationale, ce que l’Allemagne a déjà mis en pratique. C’est une idée que contient aussi la proposition de loi Liebermann-Warner aux États-Unis. La Norvège propose de monétiser une partie des budgets que les pays industrialisés consacrent aux émissions, et de permettre à l’aide internationale de bénéficier des profits.

Le marché des émissions et les mécanismes de marché continueront à jouer un rôle. Ceci dit, la feuille de route de Bali s’attache à la nécessité pour les pays en développement de mettre en œuvre des actions nationales de mitigation. Le marché du carbone ne peut être le seul instrument, et il faudra compter sur la coopération entre gouvernements.

Le débat actuel et les sondages sur la taxe carbone française montre bien les difficultés que nous allons rencontrer. L’effort d’information doit être à la hauteur de nos ambitions écologiques. Il faut convaincre nos concitoyens que l’impôt écologique n’est pas une nouvelle taxation, mais une incitation à des comportements plus propices à une humanité durable. Si cette incitation doit passer par un alourdissement de la fiscalité des activités aggravant le réchauffement climatique, elle doit aussi permettre d’alléger la pression sur les plus démunis et sur ceux qui améliorent volontairement leur comportement écologique.

Une gouvernance à la hauteur des ambitions

Si d’importantes ressources financières sont dégagées pour la mitigation et l’adaptation, les pays en développement auront besoin d’une instance qui prescrive comment cet argent doit être alloué et dépensé. Les structures de cette gouvernance devront fonctionner dans le respect de principes démocratiques et équitables.

Les experts et diplomates du monde entier préparent cette rencontre de Copenhague depuis mars 2009. Mais certains restent sceptiques sur les résultats à en attendre. « Les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites », a affirmé le comité scientifique de la conférence.

L’arrivée au pouvoir de Barack Obama et des démocrates américains a suscité beaucoup d’espoirs, mais ne semble pas suffisante pour mettre en œuvre la politique nécessaire à l’inversion de la tendance. Avec deux guerres à gérer et une réforme de la santé à faire passer, le nouveau prix Nobel de la Paix aura beaucoup d’autres préoccupations.

Après s’être réunis à Bonn et à New York, les diplomates se sont retrouvés, en début de mois, à Bangkok pour  préparer la rédaction du futur protocole. Quelques avancées et de nombreuses simplifications ont été acceptées, mais les zones d’ombre et les désaccords semblent encore nombreux. Ainsi en est-il de la polémique sur le calendrier, certains voulant que le protocole de Copenhague s’applique immédiatement, tandis que d’autres veulent que le protocole de Kyoto soit appliqué jusqu’à son terme de 2012. Une dernière réunion préparatoire se déroulera à Barcelone du 2 au 6 novembre prochain.

Si vous vous sentez concernés par la lutte contre le réchauffement climatique, vous pouvez soutenir l’initiative du collectif Copenhague 2009 : L’ultimatum climatique.

Plus de 260 000 signatures de l’appel au Président de la République ont déjà été recueillies sur ce site !

Dans un dernier billet, j’évoquerai prochainement les possibilités qui s’offrent à nous pour agir, tant individuellement que collectivement, contre le réchauffement climatique.

À très vite !

BGR

Magie du Pays Basque et du Béarn 2

la règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle car nous ne penserons jamais tous de la même façon

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6 commentaires pour De Kyoto à Copenhague (3/4)

  • Thierry P.

    Le fait que tu rassembles tous les enjeux auxquels le sommet de Copenhague devra « essayer » d’apporter une réponse peut donner le tournis. La tâche est immense… elle est à la hauteur des défis à relever.
    Les dernières nouvelles que j’ai lues en provenance de l’Union sont plutôt encourageantes. Si l’Europe arrive à parler d’une seule voix, nous n’en seront que plus audibles et souhaitons que l’Europe soit un des moteurs de ce sommet.
    @+

  • campagne3

    Bonjour,
    Merci pour cet article! Nous travaillons dur en ce moment pour récolter plus de signatures en vue de Copenhague. J’aimerais si cela est possible parler en plus de l’Ultimatum climatique, de la campagne que mène Oxfam concernant les impacts du réchauffement climatiques dans les pays du sud.

    Chaque année, 250 millions de personnes en moyenne sont touchées par les catastrophes naturelles. D’ici à 2015, ce nombre pourrait augmenter de plus de 50 % pour atteindre plus de 375 millions de personnes, tandis que d’ici à 2050, plus de 200 millions de personnes pourraient être contraintes à l’exil, poussées par la faim, la dégradation de l’environnement et la perte des terres cultivables.

    Sans action forte et rapide de la communauté internationale, et de la France en particulier, lors de la conférence de l’ONU sur le climat, qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain, les minces progrès accomplis depuis 50 ans en faveur du développement seront menacés.

    Dans le cadre de l’appel « L’Ultimatum climatique », signé par une coalition de 11 ONG françaises, Oxfam France – Agir ici fait campagne pour demander à Nicolas Sarkozy de s’engager en faveur d’un accord historique à Copenhague, et d’engager les pays riches, principaux pollueurs et responsables historiques du changement climatique, à aider financièrement les pays en développement à s’adapter aux conséquences des dérèglements du climat et à les soutenir dans leurs efforts de réduction des gaz à effet de serre. C’est aux pays industrialisés d’honorer leur « dette écologique » à l’égard de ces pays, principales victimes du réchauffement de la planète alors qu’ils en sont les moins responsables.

    Plus de 200 000 citoyens ont déjà signé l’appel et se mobilisent aux quatre coins de la France. Vous aussi, rejoignez le mouvement ! Signez et faites signer autour de vous l’appel pour Copenhague sur http://www.copenhague-2009.com/appel, et diffusez le message http://www.oxfamfrance.org/changementclimatique/diffuser_la_campagne.php

    Votre aide peut être précieuse ! Un billet, un lien ou une référence sur votre blog à cet appel – dont l’objectif est de recueillir un million de signatures – nous permettrait d’augmenter les chances d’être entendus. Le compte à rebours a commencé, et la mobilisation du plus grand nombre est plus que jamais nécessaire ! Nous comptons sur vous pour relayer cette campagne et pour ce faire, vous trouverez sur la page http://www.oxfamfrance.org/changementclimatique/diffuser_la_campagne.php une palette d’outils, comprenant des bannières fixes et animées ainsi que des documents à télécharger.

    Merci beaucoup de votre attention!!

  • BGR

    Personnellement, j’ai surtout deux craintes :

    - que nous ne parvenions pas à un financement réaliste,
    - que certains chefs d’États se contentent d’une simple parade médiatique…

  • Martine

    Bah, je n’ai pas signé et ne le ferai probablement pas.
    @+

  • BGR

    Chacun est évidemment libre de ses choix !

    Mais pourquoi ne pas exprimer les raisons profondes de ce choix ?
    J’espère que ce n’est pas seulement une question de probabilité…

  • Ce billet, BGR, est important car tu montres bien la nécessité de l’exemplarité des pays industrialisés si l’on veut que les pays en développement acceptent de suivre le même objectif.

    Du coup je suis allée chercher le sens exact de « mitigation » pensant que cela voulait dire « compromis »… alors qu’en réalité c’est « un adoucissement d’une peine infligée, la substitution d’une punition plus douce à celle qui devrait être donnée ».
    Il est évident que les pays en développement ne peuvent accepter de payer pour les erreurs des pays industrialisés alors qu’eux mêmes n’auraient pas encore partagé la moindre part du gâteau de privilèges !