De Kyoto à Copenhague (1/4)
Bonjour,
Dans moins de cent jours, les chefs d’États et de gouvernements seront réunis à Copenhague pour prolonger et amplifier les mesures décidées à Kyoto pour lutter contre le réchauffement climatique. J’ai décidé de consacrer quatre longs billets à ce sujet qui doit mobiliser l’ensemble des citoyens et a fortiori l’ensemble des responsables politiques. Je remercie tous les sites que j’ai pu consulter sur ce thème et qui ont largement inspiré les lignes suivantes.
- Le réchauffement climatique est avéré,
- Il est d’origine humaine,
- Il est principalement lié à l’augmentation des gaz à effet de serre,
- Il aura des conséquences dramatiques pour l’homme et son environnement naturel.
Que faut-il penser de ces quatre assertions ?
Malgré quelques opinions discordantes, comme celle de Claude Allègre, la communauté scientifique est pratiquement unanime pour considérer que ces affirmations sont justes et largement prouvées.
Des présomptions aux certitudes
Joseph Fourier (1768-1830) :
« L’établissement et le progrès des sociétés humaines, l’action des forces naturelles peuvent changer notablement, et dans de vastes contrées, l’état de la surface du sol, la distribution des eaux et les grands mouvements de l’air. De tels efforts sont propres à faire varier, dans le cours de plusieurs siècles, le degré de la chaleur moyenne. »
NewsWeek (26 janvier 1970) :
« Les théoriciens de l’effet de serre prétendent que la planète est menacée par une augmentation de la température moyenne qui, si elle atteignait 4 ou 5 degrés, pourrait faire fondre les calottes polaires, relever le niveau de la mer de 90 mètres et provoquer des raz-de-marée sur toute la planète. »
Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est chargé depuis une vingtaine d’années d’établir un consensus scientifique sur le réchauffement climatique. En 2007, son quatrième et dernier rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays, affirme que la probabilité pour que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d’origine humaine est de plus de 90%. Ces conclusions ont été approuvées par une quarantaine de sociétés scientifiques et académies des sciences, notamment l’ensemble des académies des sciences des grands pays industrialisés.
Pour les climatologues du GIEC, l’augmentation des températures va se poursuivre au cours du XXIe siècle. L’ampleur du réchauffement attendu le plus probable est de 1,8 à 3,4°C. De récentes études estiment que la hausse pourrait être supérieure à 5°C. Elles s’appuient notamment sur le fait que les scientifiques ont souvent minoré leurs estimations pour ne pas perdre de leur crédibilité.
Déjà des morts
Rendu public par le Forum humanitaire mondial présidé par Kofi Annan, un rapport fait état d’une crise climatique majeure tuant déjà 300 000 personnes par an dans le monde. L’élévation de la température telle qu’elle est constatée par les scientifiques a un impact direct sur les rendements agricoles et l’accès à l’eau. La dégradation sévère de l’environnement, ainsi que les dérèglements climatiques qui en découlent affectent au moins 325 millions de personnes, tout particulièrement celles qui vivent dans les pays les plus pauvres. Les experts s’attendent à ce que ces chiffres soient multipliés par deux au cours des vingt prochaines années, annonçant la plus grave crise humanitaire de l’histoire des hommes.
Prévoir les conséquences du réchauffement climatique est l’une des tâches les plus ardues auxquelles sont confrontés les chercheurs du monde entier. Tout d’abord, parce que les processus naturels à l’origine des précipitations, des orages, des augmentations du niveau de la mer et d’autres effets attendus du réchauffement climatique dépendent de très nombreux facteurs. Ensuite, parce qu’il est difficile de prévoir la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise au cours des prochaines décennies, cette quantité dépendant en grande partie des décisions politiques et des avancées technologiques.
De nombreux effets du réchauffement climatique ont été bien documentés, et les phénomènes observés dans la réalité concordent très majoritairement avec les prévisions qui avaient été faites. C’est l’étendue précise de ces phénomènes qui est difficile à prévoir. Voici quelques-uns des effets auxquels nous pouvons nous attendre :
Augmentation des sécheresses et des inondations :
Lorsque la température de la Terre augmente, la quantité d’eau qui s’évapore de la mer et des terres émergées augmente aussi. Cela peut entraîner des sécheresses dans les régions du monde où l’accroissement de l’évaporation n’est pas compensé par un accroissement des précipitations. Cet excès de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère doit retomber sur terre sous forme de précipitations supplémentaires, ce qui peut entraîner des inondations dans d’autres régions.
Réduction des glaces et des neiges :
A l’heure actuelle, les glaciers du monde entier reculent à un rythme accéléré. La tendance montre même une fonte plus rapide que celle estimée dans le plus récent rapport du GIEC. Dans les régions alimentées par l’eau provenant des massifs montagneux, cette réduction peut provoquer des sécheresses et entraîner un manque d’eau potable. Selon le GIEC, près d’un sixième de la population mondiale vit dans des régions qui seront touchées par ce phénomène.
Renforcement des phénomènes météorologiques extrêmes :
L’augmentation des températures entraînera très probablement une hausse des vagues de chaleur et des épisodes de précipitations violentes ainsi qu’une augmentation possible du nombre et/ou de l’intensité des tempêtes.
Élévation du niveau de la mer :
L’élévation du niveau de la mer est due à deux facteurs : la fonte des neiges et glaciers d’une part, et la dilatation thermique de l’eau de mer d’autre part. La dilatation thermique s’opère lentement mais une simple augmentation de la température de 2°C suffirait à entraîner une élévation d’environ un mètre du niveau de la mer.
Nous devons être vigilants sur la façon dont nous communiquons sur les conséquences du réchauffement climatique. En évoquant massivement la fonte de la banquise ou des glaciers, nous abordons peut-être un aspect de ce phénomène qui se trouve à mille lieues, au propre comme au figuré, des préoccupations de nos concitoyens. Il me paraît indispensable de communiquer sur des conséquences beaucoup plus palpables et beaucoup plus proches de la vie quotidienne.
Quelques dates importantes
1992 – Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil) : premier accord non contraignant
1997 – Protocole de Kyoto (Japon) : accord contraignant pour l’horizon 2012
2007 – Conférence de Bali (Indonésie)
2008 – Conférence de Poznan (Pologne)
2009 – Conférence de Copenhague (Danemark) : accord pour l’horizon 2020, voire 2050
Si vous vous sentez concernés par la lutte contre le réchauffement climatique, vous pouvez soutenir l’initiative du collectif Copenhague 2009 : L’ultimatum climatique.
Plus de 140 000 personnes ont déjà signé l’appel au Président de la République.
Dans le prochain billet, j’évoquerai le protocole de Kyoto qui s’applique actuellement dans la plupart des pays de la planète pour coordonner notre lutte contre le réchauffement climatique.
À très vite !
BGR

la règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle car nous ne penserons jamais tous de la même façon












Ton billet est excellent. Félicitations. J’attends la suite
Aurais-tu l’intention de le piblier sur Agoravox ?
Oups ! Lire « publier »
Je n’y avais pas pensé !
Nous verrons lorsque les quatre parties seront terminées…
Excellent.
Cool….
J’attends la suite et surtout les solutions à mettre en place, il y a beaucoup à dire sur le sujet…..
Tant de constats qui étaient déjà établis… Confirmés, renforcés, étayés par les dernières études… Rien n’est fait de significatif, et rien ne le sera avant d’être confrontés à des dégâts certains pour notre espèce, car l’humain est ainsi fait. La majorité de ses éléments (de notre espèce) sont aveugles volontaires (autrement dit stupides) et/ou égoïstes, et ses dirigeants n’ont pour la plupart pas un pet de conviction et presque rien dans le bide. Mon état des lieux ne serait pas fondé, on serait assez loin de cette situation déplorable…
pholcidae écrit
« Tant de constats qui étaient déjà établis… »
Dans un aspect didactique, pourquoi pas?l’Auteur annonce lui-même qu’il y aura 3 autres articles.. le premier n’a pour, à mon avis, but que de poser un diagnostique, on est pour ou contre ce diagnostique….
critiquer c’est facile, proposer c’est autre chose différent.
Désolé Europium, mais tu ne m’as pas compris. Cette 1ère phrase explicitait mon dépit face à l’absence de changements, malgré bien des sirènes qui ont déjà sonné… Notre espèce manque-elle d’oreilles?
Appel signé, Bernard ! Merci pour tout ce beau travail que tu fais encore une fois pour nous.
Je vais essayer de mettre la vidéo sur mon blog, si j’y arrive.
Je crois qu’il est indispensable de dire et de redire.
Bien sûr, les constats ne sont pas nouveaux.
Bien sûr, tout à déjà été dit et écrit à ce sujet.
Mais combien de nos concitoyens ne l’ont encore ni entendu, ni lu ?
Nous avons une travail colossal devant nous… pour convaincre et pour agir !
« Mais combien de nos concitoyens ne l’ont encore ni entendu, ni lu ? »
le sujet est complexe, les enjeux à long terme colossaux et pas forcément faciles a comprendre pour ceux qui ne suivent pas le sujet depuis longtemps.
Etant allée lire un excellent billet de Vincent15 sur ce même sujet, je te mets le lien, Bernard, ainsi qu’un autre de Florent, tout aussi talentueux.
http://www.democratiedurableblog.fr/index.php?post/2008/12/22/Le-rechauffement-climatique-%3A-faisons-le-point
http://ataraxosphere.canalblog.com/archives/2009/10/08/15349885.html#comments
Merci pour les liens.
Pfff,
Il en manque.
@+