Le Pen ou la démocratie ?
Bonjour,
Les lieux branchés de notre Union européenne sont animés depuis quelques semaines par une perspective bien peu réjouissante : l’ouverture de la prochaine session du Parlement européen sous la présidence de Jean-Marie Le Pen. Cette éventualité repose sur au moins trois hypothèses : Jean-Marie Le Pen est candidat au Parlement européen, il est élu et aucun autre élu n’est plus âgé que lui.
Dans son article 11, le règlement intérieur du Parlement européen précise que le plus âgé des députés présents remplit, à titre de doyen d’âge, les fonctions de président jusqu’à la proclamation de l’élection du Président. Aucun débat, dont l’objet est étranger à l’élection du Président ou à la vérification des pouvoirs, ne peut avoir lieu sous la présidence du doyen d’âge. Il ne semble donc pas qu’il puisse être question d’un discours inaugural.
Les déclarations et les prises de position de Jean-Marie Le Pen sont aux antipodes de mes propres convictions et je ne partage aucune de ses opinions politiques. Ses récentes déclarations sur « un détail de l’histoire » montrent clairement qu’il persiste dans une voie qui me révulse. C’est donc avec une profonde affliction que j’imagine cette première séance du Parlement européen de demain.
Mais faut-il, pour autant, tordre les règles démocratiques pour éviter cette éventualité ?
Faut-il tricher avec nos valeurs et notre éthique pour écarter celui avec qui nous ne partageons rien ?
Personnellement, je ne le crois pas.
Si le hasard veut que ce soit Jean-Marie Le Pen qui remplisse les conditions pour être le doyen d’âge de notre futur Parlement européen, eh bien, qu’il joue le rôle que la démocratie lui accorde. Cette présidence bien éphémère ne le fera paraître ni plus grand, ni différent de ce qu’il est. Mais au moins pourrons-nous être fiers de rester fidèles à nos valeurs démocrates. Ce n’est alors pas Jean-Marie Le Pen qui sortira grandi de ce non-événement, c’est la démocratie.
À très vite !
BGR

la règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle car nous ne penserons jamais tous de la même façon












Je suis d’accord avec toi
Bonjour Bernard,
A cette lecture sur permettre qu’un « Le Pen » se voit dangereusement mis à l’honneur ou faire en sorte que la démocratie soit respectée avant tout, je ne peux pas m’empêcher de penser au billet lu hier chez Françoise Blanche…
http://francoiseblanche.hautetfort.com/archive/2009/03/25/bayrou-se-rend-a-aix-en-provence-le-30-mars.html#comments
Figure-toi que je suis de nouveau plus que perplexe sur les intentions réelles de notre propre président au Mouvement Démocrate ! Quel message veut faire passer FB auprès de ses membres ? Pense-t-il judicieux de ne pas respecter la démocratie au sein de son propre parti alors qu’il se désigne comme en étant le « chantre idéal » (oui je sais, le jeu de mot est idéalement bien appliqué) ?
A-t-il subi tellement de pressions de la part de certains de « ses notables » qu’il ait préféré abandonner ?! Voit-il ce qu’il déclenche comme conséquences de crédibilité ?! Nécessairement des gens vont se révolter en interne et cela va lui être préjudiciable pour les élections européennes.
Oui, franchement je m’interroge et je DOUTE de plus en plus de MON choix politique. Faire de la démocratie est-ce finalement impossible avec FB ?
Désolée Bernard de faire la comparaison avec un Le Pen mais l’exemplarité est pour moi un pré requis incontournable en politique. Pas d’autres chemins.
De l’honnêteté, sinon RIEN !
Bien vu !
Ma première réaction fut de penser qu’en effet un des préalables seraient effectivement qu’il soit élu ; mais dans la mesure où JMLP se présente dans la circonscription Sud-est, où le FN dispose encore d’un fort potentiel de votes acquis à ses thèses, c’est de l’ordre du possible.
Ensuite, j’ai pensé que quitte à changer le réglement, pourquoi ne mettrait-on pas en avant le benjamin de l’assemblée nouvellement élue (au niveau du symbole, ce serait intéressant) ?
L’idée a effectivement été avancée par certains Eurodéputés. Mais ô consternation, il a été constaté que le précédent benjamin, en 2004, était un député bulgare proche des idées du mouvement altermondialiste. Si tel était encore le cas cette fois, ça pourrait froisser les susceptibilités sur d’autres bancs du Parlement européen.
Ce n’est donc pas facile de trouver le bon angle.
Par principe, je suis très très réservé quand une réglementation est édictée « ad hominem ». Cette remarque est valable aussi dans notre République.
La sagesse consisterait à ne rien changer dans la précipitation d’ici l’été.
Les gens qui se sont offusqués des propos de l’eurotroll JMLP servent en quelque sorte le dessein du personnage qui cherchait un moyen de récolter une unité de bruit médiatique.
Un de ses comparses ne vient-il pas dans la circonscription Sud de « récupérer » la figure tutélaire de Jean Jaurès pour faire parler de lui ?
De manière générale; le débat démocratique doit transcender les gesticulations médiatiques. Si les citoyens trouvent leur bonheur dans ces points de détails secondaires, c’est bien le signe que notre démocratie est en mauvais état.
Pour renchérir à la fois sur ton idée, Bernard, de démocratie avant tout et sur celle de Thierry de proposer un autre choix, en l’occurence le « benjamin » plutôt que le « doyen »…
je propose que le président intermédiaire soit tiré au sort !
Chacun est alors sur le même plan d’égalité. aucun n’a plus de « valeur » qu’un autre et tout le monde s’incline devant la désignation arbitraire du sort.
Car personne ne se sent « meurtri » d’avoir été « jugé » indigne puis « écarté » au profit d’un autre.
Qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas la règle elle-même qui est en cause. Que ce soit le plus vieux, le plus jeune ou le fruit du hasard, finalement peu importe !
Ce qui est grave c’est de vouloir changer la règle pour écarter ou pour nommer une personne précise. C’est ce que Thierry appelle très justement une règlementation « ad hominem » qui m’inspire également plus que des réserves.
Il ne s’agit pas de changer la règle du jeu par rapport à un homme efectivement mais il me semble que le fait de tirer au sort juste au dernier moment, permettrait d’éviter des jugements si longtemps à l’avance. Chacun essaye déjà de tirer partie de cette future présidence. Le futur président lui-même concocte peut-être un discours d’investiture qui lui permettra encore d’en rajouter une couche. Non ce que je voudrais dire c’est que pour éviter toute dérive, le fait de s’en remettre au hasard fera que chacun peut s’y préparer et chacun se sentirait capable d’occuper ce poste.
La discussion que nous avons ici même démontre que la législation actuelle est imparfaite.
C’est l’occasion de trouver autre chose à proposer il me semble.
En ayant avant tout en tête la préservation de la dignité de chacun non ?
Changer la règle parce-que quelqu’un aurait franchi une ligne, n’est pas adapté.
Ça revient à employer l’image du thermomètre que l’on casse pour éviter de mesurer la fièvre.
Les eurodémocrates de tous bords devraient surtout s’interroger sur la persistance du fait « nationaliste » dans leurs États respectifs. Le repli communautaire sur son pré carré préconisé par les nationalistes est une posture facile qui trouvera toujours de l’écho quand les temps sont incertains.
S’agissant de ton idée, Françoise, d’un tirage au sort, pourquoi pas. Je vais te taquiner en toute amitié
. « Qui » serait en charge du tirage au sort ? Le doyen ou le benjamin de l’assemblée ?
Heu… on tire au sort ?
Entre toi et moi tandis que BGR en sera l’arbitre : le président du CCC en quelque sorte…
Ceci dit en toute amitié bien sûr !
Difficile d’être démocrate et de ne pas réprouver cette autre récupération inéluctable de la démocratie par Le Pen qui en représente une négation.
Alors il est facile à chacun, pour cela aussi, d’y aller de ses beaux discours et grands élans !
Mais, de tous ceux-là,
- qui, parfois après d’autres beaux discours et grands élans, a CONCRETEMENT et VISIBLEMNT AGI suite aux violence préméditées et répétées de François-Xavier de Peretti lors des élections fédérales ? ,
- qui s’est OUVERTEMENT ENGAGE, conformément aux statuts et au nom de ces valeurs et de cet humanisme dont tant se gargarisent, quitte à prendre le risque (ce serait un autre scandale qu’il y en eut un) de compromettre sa propre candidature au C.C.C. ?,
- qui s’est CLAIREMENT exprimé sur sa reconduction au C.C.C.puis sur sa réélection par une écrasante majorité par le Conseil National du MODEM, puis à sa nomination comme Président de ce C.C.C. ? .
Certes le Pen …
Mais c’est l’histoire de la paille et de la poutre …
On ne risque rien, dans le MODEM, à critiquer Le Pen. Mais, quand il y a une raison interne, que FONT donc, bien concrètement, les auteurs « humanistes démocrates » DANS le MODEM hors, après de grands élans, d’autres beaux discours ?
Ils préfèrent feindre d’ignorer et contribuer ainsi activement à la Loi du Silence, pour ne pas se faire « mal voir » . Courage, fuyez !
Fantômette.
@ Fantômette
Tant sur mon blog que par mes courriers, je crois avoir été suffisamment explicite de ma position sur les incidents qui se sont déroulés à Marseille.
Je me suis également exprimé sur l’élection du Comité de conciliation et de contrôle.
Je n’ai aucune information sur les suites données à la plainte qui a été déposée à cette occasion…
@Françoise
Le « doyen président » ne prononce plus de discours.
Parfait, grâce à toi je suis rassurée puiqu’il n’y a (plus ?) jamais eu de problème !
Skeptikos : celui qui examine » Blog Archive » Premières Skeptistats sur Dremm
[...] Humanidem [...]
Je ne vois, dans ce fil de discussion, échange de congratulations, aucun auteur qui affirme avoir soutenu la moindre démarche statutaire.
Les courriers, expressions, affirmations de positions personnelles et divers écrits sur blogs etc …. sont plus de la publicité et de la promotion personnelles pour leur auteur, qu’un engagement démocratique, conforme aux statuts et soucieux de son efficacité.
Peut-être les victimes feront elle connaître un jour qui a effectivement et statutairement soutenu leur démarche, et aussi qui a refusé de la soutenir….
Quand à la plainte, extérieure au MODEM, elle peut lui rester complètement étrangère. Gouvernée par le Code Pénal elle ne risque pas d’être la victime du mépris de ses textes fondateurs par le MODEM, il ne s’en est servi que pour sa publicité.
Fantômette.
@ Fantômette
Si personne ne parle des incidents de Marseille dans ce fil, c’est peut-être parce que ce n’est pas le sujet… de ce fil !
Je me suis exprimé à plusieurs occasions à cette regrettable affaire notamment dans le billet suivant : http://bgr.hautetfort.com/archive/2008/11/06/un-silence-si-pesant.html. Mais sans doute suis-je un dangereux publicitaire qui ne cherche qu’à promouvoir son égo surdimensionné !
J’ai également affirmé que je ne signerais pas un document qui prend la forme d’un acte d’accusation. Je souhaitais et je souhaite toujours que la lumière soit faite sur ces incidents, mais je n’ai aucun motif légitime qui me permette de m’ériger en accusateur.
Lorsque que l’on est arbitre, on ne modifie pas les règles en cours de partie.
C’est contraire, à la déontologie !
Vouloir empecher Le Pen de présider, si les français l’élisent et qu’il soit le doyen de l’assemblée européenne, est nier le réglement intérieur que l’on s’est donné.
Rien , au vu du précédent créé contre Le Pen, n’empèchera d’autres maneuvres dont peut être certains partis plus « respectables » d’en patir. Et là, nous hurlerons avec les loups ! Ce ne serai que justice !
Seule l’attitude de l’emsemble de l’assemblée, en cas de dérapage, rappellera à ce « faciste », qu’une des base de la démocratie est que qu’elle que soit l’opinion, on peut l’exprimer.
Prendre de le risque qu’une opinion s’exprime, ne veut pas dire que nous l’approuvions ! Pensons à Voltaire et ne travestissons pas, nos principes, mêmes si des fois, ils servent les ennemis de la démocratie.
Condamnons les idées, combattons les, mais ne faites pas le jeu de Le Pen en le faisant passer pour un martyr !
Tu as raison Jean-Jacques. Il ne peut pas y avoir de démocratie à deux vitesses.